Commune de Mampatim (Kolda) : le village de Thiarap entre hospitalité et manque d’infrastructures

Commune de Mampatim (Kolda) : le village de Thiarap entre hospitalité et manque d’infrastructures

Commune de Mampatim (Kolda) : le village de Thiarap entre hospitalité et manque d’infrastructures

Commune de Mampatim (Kolda) : le village de Thiarap entre hospitalité et manque d’infrastructures À 75 kilomètres de Kolda, aux confins de la frontière bissau-guinéenne, le village de Thiarap (commune de Mampatim) survit dans un isolement quasi total. Entre pistes impraticables, absence d’infrastructures de base et exode de sa jeunesse, voyage au cœur d’une enclave peule où l’hospitalité légendaire panse les plaies du dénuement. KOLDA– Le voyage vers Thiarap, dans la commune de Mampatim, est une épreuve physique. Pour atteindre ce carré de terre situé à environ 75 kilomètres du chef-lieu de région, il faut d’abord abandonner le bitume de la route nationale reliant Kolda à Diaobé. À partir de Tiara, dans la commune de Coumbacara, le trajet se transforme en calvaire. La piste, tortueuse, parsemée de nids-de-poule géants et transformée en flaques d’eau profondes, dicte sa loi. À bord d’une vieille « guimbarde » de 10 places, chaque kilomètre se paye en secousses douloureuses. Les corps des passagers arrivent exténués au bout de cette vingtaine de kilomètres de latérite à travers les bosquets du Fouladou. Au bout du chemin, le paysage s’ouvre. Thiarap se découvre, fier, dressant ses petites cases en paille et bâtisses modernes vers le ciel. En un instant, la fatigue s’évapore, balayée par la chaleur humaine. Ici, la poignée de main est un rituel sacré, un code social immuable, symbolisant un respect absolu. Les sourires éclatent, les discussions s’engagent. Au son rythmé et dansant des tam-tams, les villageoises entonnent des chants de louange pour les hôtes. À Thiarap, la tradition d’hospitalité n’est pas un vain mot. Ici, le visiteur est roi. Il est accueilli avec les honneurs séculaires du monde rural. Derrière cette convivialité se dessine une réalité économique et sociale plus complexe. Fondé il y a plus d’un siècle et demi par des familles mandingues à l’époque coloniale, le village s’est profondément restructuré. Aujourd’hui, il compte près de 500 âmes, majoritairement des Peuls. L’économie locale repose sur l’agriculture vivrière, l’élevage et le petit commerce transfrontalier. Samba Baldé, 66 ans, préside aux destinées de la localité en tant que chef de village. Représentant d’une continuité communautaire stable, il rappelle l’urgence de la situation. « Le village a plus de 175 ans d’existence. Nos principales activités tournent autour de l’agriculture et de l’élevage, mais nous manquons d’infrastructures de base ». À ses côtés, l’Imam ratib Boubacar Seydi, les notables Abdoulaye Baldé et Seydou Baldé plaident en chœur pour l’amélioration des conditions de vie des populations. Situé à environ 12 kilomètres de la frontière avec la Guinée-Bissau, Thiarap souffre d’un déficit d’accès aux services sociaux de base. La localité ne dispose pas encore d’un réseau d’électricité collectif ni d’un forage adéquat pour l’eau courante. Sur le plan éducatif, l’école primaire ne compte que deux salles de classe physiques pour quatre niveaux pédagogiques, ob…


Source: Le Soleil

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