Endettement : source de pillage ou de progrès sous la supervision du FMI et de la Banque mondiale ?

Endettement : source de pillage ou de progrès sous la supervision du FMI et de la Banque mondiale ?

L’endettement, ou l’emprunt d’argent, ou xalis, survient pour couvrir un déficit. Mais lorsqu’il devient incontrôlable, dans le secteur public ou privé, une crise éclate qui exige des mesures d’urgence. En matière de dette publique, un pays peut certes bénéficier d’un allègement. Parfois, les créanciers imposent des conditions draconiennes, entraînant une instabilité sociale.

Il n’est donc pas étonnant que le système des Nations Unies, par l’intermédiaire de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), ait exprimé ses préoccupations concernant l’augmentation de la dette mondiale, en particulier parmi les pays en développement à faible revenu, dans son rapport « Un monde endetté, 2025 : Il est temps de réformer ». Ce rapport indique en introduction que « la dette publique peut être un puissant instrument de développement, permettant aux gouvernements de financer des dépenses essentielles et d’investir dans un avenir meilleur pour leurs populations. Cependant, lorsque la dette publique augmente de manière excessive ou que ses coûts dépassent ses avantages, elle devient un lourd fardeau. » p. 3.

Par conséquent, la dette, ou l’argent emprunté, ou bori xalis, comme tout autre outil, peut être utilisée à bon ou à mauvais escient. Des intérêts excessifs, des emprunts gaspillés ou un vol pur et simple peuvent engendrer une misère généralisée, car les ressources sont détournées des priorités telles que l’éducation, la santé et les infrastructures. Face aux défis mondiaux actuels, notamment les guerres territoriales et commerciales et le ralentissement économique, on observe que « les paiements d’intérêts dans de nombreux pays augmentent plus rapidement que les dépenses consacrées aux services publics essentiels tels que la santé ou l’éducation. » p. 3. Comment, dès lors, parvenir à la stabilité sociale ? C’est tout simplement la recette d’une catastrophe sociale, tôt ou tard, si l’on accepte ce prix à payer pour l’enrichissement de quelques-uns sans y remédier. Témoin des récentes manifestations sociales, dans toutes les régions, largement menées par les jeunes, souvent à l’aide des technologies numériques.

Le rapport de la CNUCED montre que les pays riches non seulement empruntent le plus, environ les deux tiers du total estimé, mais aussi qu’ils empruntent à des taux plus avantageux que les pays pauvres. Par conséquent, la pression en faveur d’un changement systémique ou d’une réforme de l’architecture financière s’intensifie. La dette nominale mondiale était évaluée à environ 102 billions de dollars américains en 2024, soit un montant proche de la valeur nominale de la production mondiale de biens et services, ou produit intérieur brut (PIB), qui s’élevait à environ 110 billions de dollars américains la même année, soit un ratio d’environ 93 %. Certains pays, riches et pauvres, affichent des ratios bien supérieurs à 100 %. La question est la suivante : quels pays pourraient se permettre de rembourser leurs créanciers sans nuire aux besoins fondamentaux de leur population ?

Le Fonds monétaire international (FMI) utiliserait un ratio d’endettement public par rapport au PIB de 60 % comme indicateur de niveaux d’endettement élevés (note de bas de page, p. 8). L’Afrique se situe autour de ce ratio médian problématique, synonyme de lourd fardeau de la dette pour la population, un niveau similaire à celui des pays en développement et légèrement inférieur à celui de l’Amérique latine et des Caraïbes. Cependant, en termes de coûts d’emprunt, ou de rendements obligataires, l’Afrique paie en moyenne environ 10 % depuis 2020, soit le taux le plus élevé de toutes les régions, et plus de trois fois supérieur à celui des États-Unis (environ 3 %) (p. 15). De toute évidence, l’Afrique a besoin de ses propres solutions, au-delà des diktats des créanciers.

Pillage ou progrès grâce à la dette publique sous surveillance ?
Au Sénégal voisin, le débat fait rage, dans un contexte de misère généralisée, autour de la dette publique cachée, estimée à environ sept milliards de dollars américains, et de la part de cette somme qui a été détournée pour enrichir quelques-uns ou investie pour le bien public. Sous le régime précédent, le déficit aurait été le double de celui annoncé ; et le ratio d’endettement, le critère du FMI, approchait les 100 %, et non les 70 % déclarés. Qui est responsable des fausses déclarations révélées par le nouveau régime, sous la supervision du FMI, de la Banque mondiale et des banques centrales ? Pendant que ce débat houleux se poursuit, le fardeau de la dette sénégalaise a dépassé les 100 %. Les négociations avec les institutions financières concernées s’éternisent, tandis que la suspension des aides et l’augmentation des coûts d’emprunt aggravent les souffrances de la population.

En Gambie, les signaux d’alarme continuent également de retentir. Même en tenant compte du risque de double comptabilisation, des milliards de dalasis sont en jeu dans les rapports d’audit, parlementaires et d’évaluation financière. Quelle part a été détournée pour enrichir quelques-uns ou investie pour le bien public ? Un audit n’est pas une simple opinion, mais un avis certifié, émis par des professionnels, conformément aux normes des institutions supérieures de contrôle des finances publiques et aux lois en vigueur. Les réponses évasives aux questions d’audit diffusées dans les médias ne peuvent remplacer les réponses vérifiées aux irrégularités soulevées dans la lettre de gestion de l’auditeur. Le FMI et la Banque mondiale eux-mêmes font référence à la dette publique, et garantie par l’État, afin de clarifier le montant total emprunté par le gouvernement, pour et au nom du peuple.


Source: Standard Gambia

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