Kylian Mbappé : « Si vous me demandiez d’organiser une Coupe du monde, vous risqueriez d’avoir des surprises »

Kylian Mbappé : « Si vous me demandiez d’organiser une Coupe du monde, vous risqueriez d’avoir des surprises »

L’ambassadeur officieux de la France dans le monde est assis dans la suite d’un grand hôtel, entouré d’un aréopage d’assistants et de gardes du corps aux cous de taureaux. À 27 ans, Kylian Mbappé appartient déjà au patrimoine national, quelque part entre le champagne Veuve Clicquot et les grèves générales. Autour de lui, tout est parfaitement réglé, minuté, chorégraphié. À peine notre entretien va-t-il commencer qu’une attachée de presse sort un chronomètre et l’enclenche. Mbappé se lance, avec une précision de chef d’État, dans une analyse de la Coupe du monde à venir, celle qui pourrait bien inscrire définitivement son nom au panthéon du football. « Il n’y a rien de plus beau que de représenter son pays, dit-il. Là, vous entrez dans la galaxie des joueurs internationaux. » En cette fin mars, il se trouve aux États-Unis pour deux matches amicaux de préparation avec les Bleus, mais cette journée devait être une journée de repos. Le voilà pourtant dans cette suite, face à moi, escorté par sa petite armée, vêtu d’un pull Marine Serre, d’un pantalon de survêtement, de baskets Dior, d’un bracelet pavé de diamants et d’une montre Hublot. Cet été, la France fera partie des grands favoris. Il connaît mieux que quiconque la pression que représente cette position : « C’est difficile d’être dans une position comme la nôtre, tout le monde attend de nous des miracles. Mais les miracles, ça se passe sur le terrain. Ça ne sert à rien de jouer le match avant le match. » Son self control m’impressionne. Lorsque j’oriente la conversation vers des terrains plus sensibles, comme le racisme dans le sport ou les tensions politiques aux États-Unis, Mbappé demeure d’un calme olympien. Aucune crispation, aucun flottement. Lorsque le temps réglementaire de l’entretien est écoulé, pas de prolongations. Un assistant dépose aussitôt devant lui une pile de maillots du Real Madrid à signer avant de l’accompagner dans une autre suite pour un shoot avec Annie Leibovitz. Il descendra ensuite dans le hall de l’hôtel pour tourner une vidéo destinée aux réseaux sociaux de Vanity Fair. L’exercice consiste à jongler avec un ballon tout en répondant à quelques questions légères sur sa vie, mais la grosse boucle dorée de ses mocassins Dior limite forcément la démonstration. Prodige depuis l’adolescence, Mbappé s’est imposé à une vitesse fulgurante comme une superstar plané- taire. Au moment de notre rencontre, sa carrière traverse pourtant une zone de turbulences. Longtemps désigné comme le successeur de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo sur le trône de meilleur joueur du monde, il est plus contesté ces dernières mois, du moins selon les standards vertigineux qui sont les siens. « Nous sommes français. Le Français aime râler. Le Français n’aime pas être content […] C’est vrai, on critique tout. Et je dis “on” parce que moi aussi, je suis comme ça ! » Huit ans ont passé depuis ses débuts en Coupe du monde : ailier supersonique de 19 ans, il avait inscrit quatre buts durant la compétit…


Source: Vanity Fair

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