Affaire Colonel Bienvenu Lamah : les plaidoiries de la partie civile closes, place aux réquisitions du ministère public
Affaire Colonel Bienvenu Lamah : les plaidoiries de la partie civile closes, place aux réquisitions du ministère public
La partie civile vient de clore ses plaidoiries dans la procédure enclenchée contre le colonel Bienvenu Lamah pour son implication présumée dans les atrocités du stade de Conakry, le 28 septembre 2009, devant le tribunal criminel délocalisé de Dixinn. Les avocats de la partie civile se sont employés à démontrer la culpabilité de l’accusé en mettant en avant sa responsabilité de supérieur hiérarchique. Ils ont soutenu que le massacre de Conakry avait été perpétré par les recrues du centre de formation de Kaléah, dont le colonel Bienvenu Lamah officiait en qualité de directeur selon eux, une position que l’intéressé a toujours rejetée. Après avoir passé au peigne fin les les accusationd initiales de complicité de meurtres, assassinats, viols, tortures, coups et blessures volontaires, enlèvements et séquestrations, vols à main armée, entrave aux mesures d’assistance, omission de porter secours et abus d’autorité, ils ont sollicité que le colonel soit maintenu dans les liens de la culpabilité sous une nouvelle qualification juridique, celle de crimes contre l’humanité, en invoquant le Statut de Rome et la jurisprudence internationale. Maîtres Hamidou Barry, Mamadou Saïdou Sow, Saa Dissi Millimono, Halimatou Barry, Gilbert Tohon Camara et Cie ont également demandé au tribunal de déclarer recevable la constitution de partie civile des victimes. Sur le plan civil, les demandes de réparations financières formulées s’établissent comme suit : 2 milliards de GNF par cas d’assassinat ; 1 milliard de GNF par victime de coups et blessures ; 2 milliards de GNF par victime de viol ; 1 milliard de GNF par victime de vol et de pillage ; 20 milliards de GNF à titre de dommages et intérêts globaux pour l’ensemble des victimes. En plus de ces indemnisations pour les préjudices subis, les conseils ont sollicité du tribunal la reconnaissance officielle du statut des victimes ainsi que la construction d’un monument national en leur honneur. Un geste indispensable, selon eux, pour panser définitivement les blessures de ces dernières. Me Gilbert Tohon Camara, qui a plaidé en dernier, a rappelé à la barre que la partie civile ne réclamait que justice. Face aux étiquettes rétrogrades que certains colleraient aux victimes constituées dans ce second volet de l’affaire, l’avocat a tenu à lever toute équivoque. « Nous, victimes de ce deuxième volet, ne sommes ni des victimes de trop, ni des victimes imaginaires. Nous sommes simplement des victimes », a-t-il indiqué. À l’issue de ces plaidoiries, l’audience a été renvoyée au mardi 23 juin prochain pour les réquisitions du ministère public.
Source: Mosaïque Guinée
