Austin Butler: «J’ai longtemps cru que pour être un grand artiste, il fallait détruire le reste de sa vie»
Austin Butler: «J’ai longtemps cru que pour être un grand artiste, il fallait détruire le reste de sa vie»
James Dean dans À l’est d’Éden, Robert Redford et Paul Newman dans Butch Cassidy et le Kid, Montgomery Clift dans à peu près tout : Austin Butler évoque ses aînés avec le plus grand respect, voire une certaine nostalgie pour un temps qu’il n’a pourtant pas connu. « Cette époque où l’on ne savait pas tout sur tout le monde ? Ça me manque terriblement. » Malgré ses 3,9 millions d’abonnés sur Instagram, Austin Butler est un homme analogique dans un monde numérique. Darren Aronofsky, qui l’a récemment dirigé dans Pris au piège – Caught Stealing, raconte que le voir se servir d’un smartphone, « c’est comme regarder Joe Biden en utiliser un ». L’acteur éclate de rire, puis confirme : « J’avoue, je ne suis pas du tout téléphone. C’est à la fois une bonne chose et une mauvaise chose. Disons que quand je suis avec quelqu’un, je suis vraiment avec cette personne. Mais si je suis en vadrouille, autant m’envoyer un pigeon voyageur. » Lors de notre conversation – pas par pigeon voyageur, on vous rassure –, il est chez lui, rayonnant sous le soleil de Californie, assis dans une cuisine d’un blanc aussi immaculé que son t-shirt. Son sourcil est joueur ; la ligne de sa mâchoire, expressive ; le bleu de ses yeux, amène. Il passe en un clin d’œil d’une intensité brûlante à un rire de gamin, le nez plissé. Avec la même aisance magnétique, commandant le regard, qu’il danse lentement avec un husky (dans un clip promo de la série Masters of the Air) ou qu’il incarne un psychopathe au crâne chauve et aux dents noires (dans Dune : Deuxième partie). Austin Butler est notoirement timide, mais il déploie un charisme irrésistible, sans même y penser, dans chacune de ses interviews. Il se dit avide de découvrir la vie des autres. « C’est pour ça que, là, maintenant, j’ai envie de vous poser mille questions », souffle-t-il dans un sourire. Cette manière de détourner l’attention de lui ne relèverait-elle pas du pur instinct de protection ? « Il y a peut-être un truc de l’enfance là-dessous, quelque chose de plus profond, reconnaît-il, mais bien souvent je trouve juste les autres passionnants. » Absolument « tout » le charme : la curiosité, la passion, la manière dont quelqu’un enroule ses spaghettis autour de sa fourchette, ou les petits bruits qu’on fait en mangeant : « Mm, mm ! » Il éclate de rire. Après quarante-cinq minutes de conversation, une certaine familiarité s’installe. « J’adore regarder quelqu’un rougir. C’est un des plus beaux spectacles qui soient. » Je m’inscris en faux, moi qui tourne facilement à l’écarlate. « J’ai remarqué, dit-il. Juste à la surface. » Austin était presque, d’une certaine manière, prédestiné à faire du cinéma : gamin qui a grandi entre Disneyland et autres parcs à thème hollywoodiens, son père le gratifiait d’un dollar pour chaque film enregistré sur VHS sur la chaîne Turner Classic Movies. Son premier rôle, il le décroche sur Disney Channel dans Hannah Montana, puis c’est la consécration avec Quentin Tarantino, dans Once Upon a Time… in Ho…
Source: Vanity Fair
