Michael B. Jordan : «Je ne veux pas jouer un rôle dans la vie. Jouer, c’est pour le travail»
Michael B. Jordan : «Je ne veux pas jouer un rôle dans la vie. Jouer, c’est pour le travail»
«Tu connais CluckU Chicken ? » Michael B. Jordan est en route pour le shooting du numéro spécial Hollywood de Vanity Fair, à Londres, mais ne peut s’empêcher de saliver à l’évocation de son restaurant de wings préféré en apprenant que je viens de South Orange, dans le New Jersey, tout près de Newark, où il a lui-même grandi. « Je n’y suis pas allé depuis une éternité, soupire-t-il. C’est mon spot. » Les spicy wings de CluckU ont beau être à tomber, Michael B. Jordan doit pour l’heure faire une croix dessus : il est beaucoup trop demandé. Il est aujourd’hui l’un des derniers véritables leading men d’Hollywood, à l’ancienne. Ado, il a gravi les échelons du métier en marquant les esprits dans des seconds rôles dans des séries comme La Force du destin, Sur écoute (The Wire) ou Friday Night Lights. En 2013, le film Fruitvale Station le propulse dans la cour des grands. C’est sa première collaboration avec le cinéaste Ryan Coogler, qui va devenir pour lui l’équivalent de ce que Martin Scorsese a été pour Robert De Niro. Depuis, l’acteur et le réalisateur forment l’un des duos les plus solides du cinéma américain, avec à leur actif la franchise Creed, les films Black Panther et, plus récemment, Sinners, le film de vampires qui a électrisé le box-office US cette année (et dépassé en France le million d’entrées). « Coog », comme l’appelle Michael affectueusement, a « toujours été un pionnier. Certains réalisateurs aiment montrer qui est le patron, mais pas lui. Nous sommes toujours en phase, toujours en train de définir ensemble ce que veut dire “réussir”. Pourtant, malgré les succès aussi bien critiques que commerciaux, Jordan estime qu’ils ont souvent été « sous-estimés ». « On a toujours dû gravir la pente, prouver des choses… même si, en réalité, on n’a jamais cherché à prouver quoi que ce soit. On avait simplement envie de se concentrer sur notre travail et que celui-ci parle pour nous. » Si Jordan aime « être un vecteur » de la vision de Coogler, il a lui aussi attrapé le virus de la réalisation depuis qu’il a dirigé le troisième volet de Creed. Un atout de taille sur le tournage de Sinners, où il a pu servir de « deuxième paire d’yeux » pour Coogler. « On a maintenant deux réalisateurs sur le plateau, qui résolvent des problèmes et cherchent des solutions créatives. » Lorsque s’est posée la question de différencier les deux jumeaux identiques qu’il incarne à l’écran – le taciturne Smoke et le débrouillard Stack –, Jordan a trouvé une idée inattendue : « Je portais des chaussures de tailles différentes. » Pour Smoke, il enfilait la paire la plus grande : « Smoke a les pieds sur terre, il ne bouge pas beaucoup. » Stack, lui, « est un peu plus aventureux et curieux, explique l’acteur. Il passe sans cesse d’une chose à l’autre, un peu plus léger sur ses appuis. » Ce souci du détail et cette discipline implacable ont fait de Michael B. Jordan l’un des rares acteurs capables de porter un film à eux seuls. Il faut dire qu’il a percé juste avant l’ère des …
Source: Vanity Fair
