Hymne sifflé, drapeaux d’avant 1979… le match très politique de l’Iran contre la Nouvelle-Zélande à la Coupe du monde 2026

Hymne sifflé, drapeaux d’avant 1979… le match très politique de l’Iran contre la Nouvelle-Zélande à la Coupe du monde 2026

L’Iran faisait son entrée en Coupe du monde ce lundi 15 juin face à la Nouvelle-Zélande au SoFi Stadium de Los Angeles. Pourtant, quelques jours plus tôt, nul ne pouvait réellement garantir que cette rencontre aurait lieu. La sélection iranienne ignorait encore si elle serait autorisée à entrer sur le territoire américain. À son arrivée, l’équipe a dû composer face à un « désastre logistique ». Son camp de base a été déplacé au Mexique à la dernière minute, tandis que quinze membres du staff étaient toujours privés de visas américains. Résultat : des déplacements rallongés, davantage de fatigue et un temps de récupération réduit entre les rencontres. Une situation qui a alimenté le sentiment, côté iranien, d’être traité différemment des autres sélections engagées dans le tournoi. Une sorte de punition, comme si c’était le prix à payer pour pouvoir jouer au football dans cette compétition. Malgré ces difficultés, les Iraniens étaient bien présents sur la pelouse du SoFi Stadium ce lundi soir. Dans les tribunes, la diaspora iranienne s’était mobilisée en nombre. À l’extérieur de l’enceinte, plusieurs manifestants protestaient contre la République islamique. À l’intérieur, certains supporters brandissaient le lion et le soleil, symboles de l’ancien drapeau iranien avant la révolution de 1979. Alors que le dispositif de sécurité devait veiller à l’application du règlement de la FIFA, qui interdit notamment « tout accessoire de nature politique » dans les stades, plusieurs de ces étendards ont tout de même réussi à s’imposer dans les tribunes. Quelques heures seulement après l’annonce d’un accord entre Téhéran et Washington susceptible de mettre fin à plus de trois mois de conflit au Moyen-Orient, l’Iran foulait la pelouse pour son premier match du tournoi. Dès les premières minutes, l’hymne national est hué par une partie du public. Dans les gradins, les drapeaux de l’Iran impérial attirent les regards. En bord de terrain, une banderole est brièvement déployée. On peut y lire le nombre « 168 », présenté comme le bilan des victimes du bombardement de l’école iranienne de Minab, le 28 février dernier, au premier jour de la guerre entre l’Iran et les États-Unis. Cette tragédie aurait en réalité fait 155 morts dont 120 enfants. Dans cette atmosphère particulièrement chargée, les joueurs d’Ami Ghalenoei entrent rapidement dans leur match. Premier but à la 32e minute. À la 64e minute, Mohammad Mohebi inscrit le but de l’égalisation. Pour célébrer son but, l’attaquant mime des tirs vers le ciel, un geste qui ne passe pas inaperçu dans le contexte actuel. Malgré un environnement politique explosif, l’Iran parvient à arracher le match nul et espère s’imposer avec autant d’aplomb face à la Belgique et l’Egypte dans les jours à venir. Si Ami Ghalenoei assène que son équipe est aujourd’hui la sélection la plus « maltraitée » de la Coupe du monde, le sélectionneur continue d’affirmer sa volonté de séparer « le ballon de la politique ».


Source: Vanity Fair

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