Pas si facile de museler les parents

Pas si facile de museler les parents Lundi, 27 octobre 2025 11:30 MISE À JOUR Lundi, 27 octobre 2025 11:30 Les parents s’indignent. Si Québec a considéré, même brièvement, imposer loyauté et devoir de réserve aux parents, c’est qu’il craint leur force. Geneviève Simon-Potvin, maraîchère, mère de deux enfants, présidente du comité de parents, membre du comité consultatif des services EHDAA de son centre de services scolaire (CSS) et du conseil d’établissement, voit au quotidien depuis juin dernier les effets des compressions. Plutôt que de se taire, Mme Simon-Potvin co-organise les deux semaines d’actions d’Uni.es pour l’école, qui se tiendront partout au Québec. Et pourtant, la semaine dernière, on apprenait qu’il y aurait un assouplissement dans les plafonds d’embauche. Pourquoi s’indigner, demandera-t-on? Elle m’explique que dans son CSS, le personnel pense qu’il a atteint les cibles pour les postes d’employés, les fameux ETC, mais personne ne sait réellement quels sont les chiffres des cibles ni comment elles sont fixées. Les beaux discours de Mme LeBel et son gouvernement manquent de clarté, mais surtout, ils ne ramènent ni les services ni le personnel. D’où les manifs, les visites aux bureaux de ministres et les distributions de matériel de mobilisation à l’Halloween, déployées partout au Québec, du Saguenay aux Laurentides. Mme Simon-Potvin m’explique qu’ils militent pour un réinvestissement massif: «Quand tu as un enfant, tu ne le vois pas en silo comme le gouvernement. Si le cégep est mal financé, les enjeux se répercutent à long terme.» On a moins entendu parler des compressions au collégial. Stéphane Thellen, enseignant au cégep, explique aussi que «c’était difficile d’en quantifier l’impact». Contrairement au primaire et au secondaire, les parents sont moins impliqués au postsecondaire et les étudiants sont moins mobilisés qu’en 2012. D’où son intérêt pour la mobilisation d’Uni.es pour l’école, qui offre un relais citoyen. En plus de la mobilisation du personnel. La CAQ a investi en éducation, c’est vrai. Surtout après l’austérité libérale qui a laissé un système en mauvais état. Mais le discours a viré assez rapidement au «on a assez donné». Le vrai nœud, ce n’est pas la dépense, c’est le ciblage. Pour Bernard Tremblay, ex-PDG de la Fédération des cégeps, qui a aussi connu le milieu de l’éducation à la Fédération des commissions scolaires, le problème, ce sont des investissements mal ciblés, parfois du gaspillage, et trop souvent des décisions «selon l’humeur du moment». Il cite les bourses Perspective: intention noble, mais près de 538,2 M$ dépensés avec très peu d’effets sur les inscriptions dans les programmes ciblés. Et maintenant, environ 151 millions de compressions au collégial. C’est, rappelle M. Tremblay, l’équivalent des coupes libérales. Sauf qu’à l’époque, on les étalait sur cinq ans. Là, c’est d’un coup. L’image de M. Tremblay tombe comme une sentence: «À l’élève d’aujourd’hui, on dit: je ne peux pas investir en toi; je l…


Source: Journal de Monreal

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