Au Burkina Faso, le très contesté projet de loi sur la liberté religieuse a été adopté
Au Burkina Faso, le très contesté projet de loi sur la liberté religieuse a été adopté
Au Burkina Faso, le très contesté projet de loi sur la liberté religieuse a été adopté Malgré des semaines de protestations et de manifestations, les autorités burkinabè ont adopté la loi sur les libertés religieuses. Un texte qui place les organisations confessionnelles sous la tutelle de l’État. Des fidèles à la Grande Mosquée de Ouagadougou avant la prière du vendredi, le 28 janvier 2022. © JOHN WESSELS/AFP Par Matteo Maillard Publié le 22 juin à 16h53 Lecture : 3 minutes. Les faits. Le 20 juin, l’Assemblée législative du peuple (ALP) a adopté le très contesté projet de loi sur les libertés religieuses. Le texte a été approuvé à l’unanimité des députés présents, neuf élus étaient absents lors du scrutin. Composée de 110 articles répartis en six titres, cette nouvelle loi vise à mieux encadrer les pratiques religieuses et renforcer le principe de laïcité de l’État, afin de préserver le vivre-ensemble dans un Burkina Faso multiconfessionnel, confronté à la menace des groupes jihadistes et à la progression de l’extrémisme religieux. Avant son adoption, 202 amendements de forme et de fond ont été intégrés au texte initial. Le projet de loi introduit plusieurs changements majeurs dans l’organisation de l’espace confessionnel et dans l’exercice des activités religieuses sur le territoire national. La loi. Parmi les nouvelles mesures, outre l’interdiction de l’implantation des lieux de culte dans les services publics, qui avait déchaîné la colère de certains musulmans sunnites, on peut relever l’interdiction de l’enseignement religieux dans les établissements publics et privés laïques, bien que celui-ci reste autorisé dans les écoles confessionnelles. Le texte prévoit aussi un renforcement de la lutte contre la mendicité infantile, et « l’exploitation des mineurs et des personnes vulnérables à des fins religieuses » dont le corollaire est la déscolarisation des enfants, le travail forcé et les abus sexuels pratiqués notamment par certains maîtres coraniques. L’un des volets majeurs du texte concerne l’introduction d’un mécanisme de contrôle poussé de l’État sur les organisations religieuses. Celles-ci sont désormais obligées de rejoindre une faîtière légalement reconnue et munie d’instances de suivi. Afin de s’assurer de son application, le gouvernement va créer un organe national de contrôle des enseignements religieux et d’homologation des compétences. La justification. Selon Émile Zerbo, le ministre de l’Administration territoriale, rapporteur de l’avant-projet, il s’agit d’« un texte de loi moderne qui prend en compte nos réalités actuelles et permet à notre pays de penser un avenir serein. » Selon lui, outre le fait qu’elle comble un vide juridique dans le droit burkinabè, « cette loi permettra de lutter contre le radicalisme religieux, de faire un contrôle sur tous ceux qui entrent dans nos pays pour avoir la parole dans les lieux de culte, et d’assainir notre espace public colonisé par des établissements religieux. » Le ministre a par ailleurs…
Source: Jeune Afrique
