De nouvelles blessures sur de vieilles cicatrices (Par Elhadj Ibrahima THIAM)

De nouvelles blessures sur de vieilles cicatrices (Par Elhadj Ibrahima THIAM)

De nouvelles blessures sur de vieilles cicatrices (Par Elhadj Ibrahima THIAM)

De nouvelles blessures sur de vieilles cicatrices (Par Elhadj Ibrahima THIAM) En principe, le temps finit toujours par atténuer une douleur. Les déceptions aussi. Parce que le temps est, par nature, un puissant analgésique. Il panse les plaies, les cicatrise et permet d’avancer. Mais avec l’élimination du Sénégal par la Belgique, c’est tout le contraire qui semble se produire. Plus on avance dans la compétition, plus la douleur grandit. Les révélations qui s’accumulent sur les coulisses de cette Coupe du monde et sur les dysfonctionnements extra sportifs ne font que raviver les blessures. En sport, lorsque les à-côtés entrent par la grande porte, la performance sort par la fenêtre. Cette vérité est encore plus implacable dans le football moderne, où aucun détail ne peut être négligé. Si cette défaite fait si mal, c’est parce que le Sénégal était parvenu à s’installer au sommet du football africain, aussi bien sur le terrain que sur le plan de l’organisation. Hélas, nous venons d’apprendre à nos dépens que plus on s’élève, plus la chute est brutale. Tout semblait pourtant réuni pour écrire une nouvelle page de notre histoire. Face aux Diables rouges, la confiance était immense et les chances de victoire paraissaient très élevées. Deux buts d’avance à cinq minutes de la fin du temps réglementaire, aucun nuage à l’horizon. Puis tout s’est effondré, comme un orage soudain qui emporte tout sur son passage. Rien ne laissait présager un tel scénario. Malheureusement, les éléments qui allaient provoquer ce naufrage étaient déjà en place. D’abord sur le plan tactique, avec des changements difficilement compréhensibles. Ensuite sur le plan organisationnel, où la logistique a montré de graves défaillances. Ce mélange d’erreurs a fini par exploser au visage de toute une nation. Il est toujours facile, après coup, de refaire un match à coups de « si ». L’analyse a posteriori étant un exercice très facile. Mais certaines décisions restent difficilement défendables, même lorsqu’elles peuvent parfois produire des résultats. Oui, ce match pouvait être perdu. Mais certainement pas de cette manière. Car, jamais dans l’histoire de la Coupe du monde, une équipe n’avait perdu une rencontre après avoir mené 2-0 à la 85e minute. Désormais, cette statistique historique porte malheureusement l’empreinte du Sénégal. Les incohérences ne se sont pas arrêtées là. Il est extrêmement rare, pour ne pas dire inédit, de voir une équipe remplacer en cours de match l’ensemble de son milieu de terrain. Un constat qui traduit un management hésitant, parfois improvisé. Dès lors, l’équipe ressemblait à un navire prenant l’eau de toutes parts, obligeant son capitaine à colmater les brèches là où l’on attendait qu’il tienne sereinement le gouvernail. Autre interrogation : les changements quasi mécaniques entre Malick Diouf et Ismaïla Jakobs. Une telle alternance est courante pour des attaquants, beaucoup moins pour des latéraux. Ce choix laisse penser que l’entraîneur n’avait jamais vérit…


Source: Le Soleil

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