Détroit d’Ormuz : l’Iran menace les navires traversant sans son autorisation
Détroit d’Ormuz : l’Iran menace les navires traversant sans son autorisation
Les Gardiens de la révolution, force militaire idéologique de la République islamique d’Iran, ont averti jeudi 25 juin que tout navire souhaitant emprunter le détroit d’Ormuz devra obtenir leur autorisation. L’annonce intervient alors que ce passage maritime stratégique fait toujours l’objet de discussions entre Téhéran et Washington après la récente guerre dans la région. Les Gardiens de la révolution ont prévenu que les bâtiments ne respectant pas les consignes iraniennes s’exposeraient à des « mesures appropriées ». Dans un communiqué, ils affirment que le seul itinéraire autorisé est celui défini par les autorités iraniennes et jugent « inacceptable et dangereuse » toute traversée effectuée en dehors de ce cadre. L’Iran veut encadrer le passage des navires Selon les autorités iraniennes, cette mise en garde répond à l’annonce d’un nouvel itinéraire maritime qui ne serait pas reconnu par la République islamique. Les Gardiens de la révolution considèrent que le contrôle des conditions de navigation dans le détroit relève de leur souveraineté et préviennent qu’ils interviendront contre les navires qui ne se conformeraient pas à leurs directives. Cette déclaration intervient alors que Téhéran examine également la possibilité d’instaurer des droits de redevance pour les navires empruntant le détroit. Une telle mesure constituerait un changement majeur, ces frais n’ayant pas été appliqués avant le conflit. Washington conteste les revendications iraniennes Les États-Unis s’opposent à cette position et rappellent que le détroit d’Ormuz constitue une voie maritime internationale où la liberté de navigation doit être garantie. Ce désaccord figure parmi les sujets toujours débattus entre Washington et Téhéran. Le détroit d’Ormuz représente l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), près de 20 % du pétrole consommé dans le monde transite habituellement par cette étroite voie reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Toute perturbation de la navigation y est susceptible d’avoir des répercussions sur les marchés énergétiques internationaux. Une reprise progressive du trafic maritime Le trafic dans le détroit reprend progressivement après plusieurs semaines de fortes perturbations. L’Organisation maritime internationale (OMI), en coordination avec Oman et plusieurs États de la région, supervise un dispositif exceptionnel destiné à permettre l’évacuation des nombreux navires restés immobilisés pendant les affrontements. Malgré cette reprise, les déclarations des Gardiens de la révolution montrent que les modalités de circulation dans le détroit restent un point de friction entre les différentes parties. Les discussions diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis devraient déterminer les conditions dans lesquelles la navigation pourra reprendre durablement sur cette route essentielle au commerce mondial.
Source: La nouvelle tribune
