Près d’un an après son arrestation à Alger, l’écrivain Boualem Sansal va être libéré
Près d’un an après son arrestation à Alger, l’écrivain Boualem Sansal va être libéré
Boualem Sansal va être libéré. Près d’un an jour pour jour après son arrestation à l’aéroport d’Alger et son placement en détention, l’écrivain franco-algérien a été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, pour des raisons humanitaires. Un communiqué de la présidence algérienne a confirmé qu’une demande de méditation du chef d’État allemand, Frank-Walter Steinmeier, avait été adressée au président Tebboune et que celui-ci autorisait l’écrivain « à se rendre en Allemagne afin d’y recevoir des soins médicaux » compte tenu de son « âge avancé (…) et de la fragilité de son état de santé ». « L’État allemand se chargera du transfert et des soins de la personne concernée », précise le communiqué publié ce mercredi. L’écrivain, aujourd’hui âgé de 81 ans, est atteint d’un cancer de la prostate. Arrêté le 16 novembre 2024, Boualem Sansal a été incarcéré dans l’attente de son procès, puis condamné, le 27 mars, par le tribunal de Dar Al-Beïda, près d’Alger, à cinq ans de prison et 500 000 dinars (3 300 euros) d’amende pour « atteinte à la sûreté nationale », à la suite de propos sur l’appartenance de l’ouest algérien au Maroc tenus, début octobre 2024, lors d’un entretien vidéo avec le média d’extrême droite français Frontières. Sa condamnation a été confirmée en appel, le 1er juillet. Cette arrestation avait envenimé les relations entre Alger et Paris, déjà orageuses. L’ancien ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, poussait ainsi pour tenir une posture très dure à l’encontre du pouvoir algérien. Mais cette stratégie n’a pas porté ses fruits. Au contraire, le nouveau ministre de l’intérieur, Lauren Nuñez invitait à une reprise du dialogue. « Ceux qui font croire aux Français que le bras de fer et la méthode brutale sont la seule solution, la seule issue, se trompent, déclarait-il au Parisien, le 1er novembre. Ça ne marche pas, dans aucun domaine. » Mais c’est finalement par le truchement de Berlin que la libération de l’écrivain est intervenue. Et cela dans un contexte particulier : Abdelmadjid Tebboune doit ainsi se rendre en Allemagne au début de l’année prochaine et cette visite ne saurait être assombrie par le cas Sansal. Les relations qu’entretiennent Alger avec Berlin sont aussi plus chaudes qu’avec Paris. Le président algérien est régulièrement soigné en Allemagne depuis 2020, notamment après sa contamination au Covid. L’Allemagne n’a pas non plus pris de position définitif sur le dossier du Sahara occidental, chère à l’Algérie. Sur cette question, Berlin maintient une position d’équilibre : elle soutient le processus onusien en vue d’une « solution politique juste, pragmatique, durable et acceptable par toutes les parties ». La détention de Boualem Sansal devenait aussi un poil gênante pour l’Algérie. Déjà parce que son état de santé se dégradait : un décès de l’écrivain en prison aurait constitué une tache indélébile. Ensuite, parce que le pape Léon XIV a exprimé son souhait de se rendre en Algérie, terre de Saint-Augustin. Et le…
Source: Vanity Fair
