Wade, L’homme du Siècle (par Dr Cheikh Omar Diallo)

Wade, L’homme du Siècle (par Dr Cheikh Omar Diallo)

Wade, L’homme du Siècle (par Dr Cheikh Omar Diallo)

Extraits du livre Wade l’homme du SiècleDr Cheikh Omar DialloJuin de tous les dangers Au Sénégal, juin n’est pas un mois. C’est un moment de vérité.Il entre sans frapper, s’installe dans la chaleur de Dakar, dans ces silences épais quiprécèdent les foules. Rien, d’abord, ne semble céder. Puis, soudain, quelque chosebascule.Il ne prévient pas. Notre manière de compter le temps est héritée du monde gréco-romain. les Grecs en ont pensé les rythmes, les Romains en ont fixé l’ordre.Ici, juin brûle. Il tend le pays entre l’ordre et la jeunesse. Depuis plus d’une décennie,il revient avec une régularité troublante, presque mécanique, comme si, à cette périodeprécise de l’année, le pays était sommé de se confronter à lui-même.23 juin 2011 – Le retournement de l’histoireDès potron-minet, l’air est difficilement respirable. Vers 10 heures, à l’Assembléenationale, les députés examinent une réforme constitutionnelle introduite par lePrésident Abdoulaye Wade et présentée par son fidèle ami, Cheikh Tidiane Sy, Gardedes Sceaux. Le texte prévoit d’abaisser à 25 % le seuil d’élection au premier tour – lefameux quart bloquant – et d’instaurer un ticket président–vice-président. La rue, elle,ne lit pas un texte. Elle lit une intention. Et très vite, elle se met en mouvement, ellebouillonne, gronde, puis s’embrase.Des milliers de Sénégalais convergent vers la place Soweto. La jeunesse afflue,s’agrège, se structure autour d’une force nouvelle, incarnée par Y’en a marre. Devantles grilles du Parlement, la foule enfle – une marée humaine que rien ne peut stopper.Gaz lacrymogènes. Pierres. Barricades. Dakar vacille.Au Palais, les écrans diffusent en boucle les images d’une capitale en ébullition.Abdoulaye Wade le comprend immédiatement : ce qui se joue dépasse une réforme.Ce n’est pas un simple rapport de force. La rue finit par l’emporter. Le projet est retiré.Le pouvoir recule. Mais un pouvoir acculé recule-t-il sans se fragiliser ?Dans la foulée, naît le M23, force citoyenne inédite qui structurera la contestationcontre le troisième mandat. Le 23 juin 2011 n’est pas un événement : c’est le momentoù l’histoire se retourne.2021 – La cicatriceTout ne commence pas en juin. Il y eut mars.Le 3 mars 2021. L’arrestation d’Ousmane Sonko, le leader charismatique de PASTEF –les Patriotes, agit comme un détonateur. Officiellement, une sombre affaire judiciaire.Politiquement, la dénonciation d’un complot. Dans la rue, une conviction est établie :une ligne est franchie. En quelques heures, Dakar s’embrase. Les manifestationsbasculent en affrontements. Barricades dressées. Pierres contre gaz lacrymogènes.Symboles de l’État et du pouvoir économique pris pour cibles.Le mouvement s’étend : Ziguinchor, Bignona, Saint-Louis, Kaolack, Thiès, entreautres.Le Sénégal revit au rythme des heurts. L’État répond par la fermeté. Bilan lourd : desmorts. Des blessés. Des familles brisées.Ce qui se joue dépasse l’affaire Ousmane Sonko.Lorsque juin arrive, le calme semble revenu. Pourtant il s’agit d…


Source: Sans Limite SN

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