Anne Plantagenet : « Les aveux de Cédric Jubillar apportent une première réponse à cette incertitude cruelle dans laquelle sont plongées les parties civiles depuis six ans »
Anne Plantagenet : « Les aveux de Cédric Jubillar apportent une première réponse à cette incertitude cruelle dans laquelle sont plongées les parties civiles depuis six ans »
Six ans plus tard, l’épilogue ? Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse Delphine Aussaguel, infirmière et mère de famille disparue à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn en décembre 2020. Il a livré des aveux dans un courrier adressé à son avocat et auquel la Dépêche du Midi a eu accès, annonce le quotidien régional ce lundi. « Il m’a remis un écrit détaillé en formulant des aveux de culpabilité », a déclaré son avocat Me Pierre Debuisson, qui a repris la défense du peintre-plaquiste en janvier dernier, succédant à ses avocats historiques, les pénalistes Emmanuelle Franck et Alexandre Martin. « Au fil de nos rencontres, il a reconnu sa participation dans cette affaire, avec soulagement, après toutes ces années où il s’est senti maltraité par les enquêteurs et harcelé par la pression médiatique. Dans cette démarche, il veut aussi donner une sépulture à la mère de ses deux enfants. » Jusque-là, Cédric Jubillar avait toujours nié avoir tué son épouse. C’est cette position qu’il avait tenu tout au long du procès devant la cour d’assises d’Albi à l’automne dernier. L’autrice Anne Plantagenet avait justement suivi ces quatre semaines d’audience pour Vanity Fair. Elle en a également tiré un livre, En l’absence de corps (éditions Julliard), à paraître le 27 août prochain. Comment avez-vous réagi à l’annonce des aveux de Cédric Jubillar ?Anne Plantagenet : Les aveux apportent une première réponse à cette incertitude cruelle dans laquelle sont plongées les parties civiles depuis six ans. Une réponse à tous ces « peut-être » insupportables qui constituent une torture supplémentaire pour les gens qui aimaient Delphine Aussaguel et vivent, depuis sa disparition, dans une nuit intranquille, inconsolable. Est-ce que pendant le procès, vous avez ressenti que Cédric Jubillar pouvait craquer et avouer ?A aucun moment. Pendant tout le procès, j’ai vu un homme non seulement enfermé dans un box vitré mais emmuré en lui-même. Ces aveux arrivent à un moment particulier : Cédric Jubillar a changé son équipe de défense en vue du procès en appel qui doit se tenir dans deux mois devant la cour d’assises de Toulouse. Me Emmanuelle Franck et Alexandre Martin ne font plus partie de l’équipe. Le ténor Me Frank Berton, un temps annoncé, non plus. À la place, la défense sera assurée par Me Pierre Dubuisson. Comment décrire la relation que Jubillar entretenait avec ses avocats en première instance ?Ses premiers avocats, Me Franck et Me Martin, ont tout tenté, ont épuisé tous les arguments possibles. Je raconte tout cela dans mon livre, jour après jour. Ils n’ont pas démérité, au contraire, ce sont d’excellents pénalistes et la plaidoirie d’Emmanuelle Franck a été, de l’avis général, un grand moment d’audience.Ce qui est certain, c’est qu’un procès en appel suppose une nouvelle stratégie de défense. Les aveux font partie de cette stratégie. Et c’est aussi une manière de reprendre la main sur le récit. Espériez-vous un tel dénouement ?J’espérais surtout que ce procès ultra médiat…
Source: Vanity Fair
