Le temps des réponses (Par Oumar Boubacar NDONGO)
Le temps des réponses (Par Oumar Boubacar NDONGO)
Le temps des réponses (Par Oumar Boubacar NDONGO) Le rêve s’est arrêté brutalement. Une défaite 3-2 contre la Belgique en seizième de finale de la Coupe du monde 2026, des regrets plein la tête et un sentiment largement partagé : le Sénégal est passé à côté de sa Coupe du monde. Perdre face à une grande nation n’a rien d’infamant. En revanche, donner l’impression de ne jamais avoir pleinement préparé le rendez-vous le plus important du football mondial est une autre histoire. Et c’est précisément ce qui nourrit aujourd’hui la frustration des Sénégalais.Depuis l’élimination, un mot revient avec insistance : responsabilités. Cette campagne mondiale laisse derrière elle trop de questions sans réponses. Comment expliquer une préparation qui a semblé improvisée ? Pourquoi l’environnement de la sélection a-t-il donné l’impression d’être davantage tourné vers la célébration du sacre continental que vers la construction d’une ambition mondiale ? Pendant que d’autres affinaient leurs plans, le Sénégal semblait encore vivre sur les souvenirs de la Can. Sur le terrain, les interrogations n’ont fait que grandir. Les choix du sélectionneur Pape Thiaw ont souvent été difficiles à comprendre. Certaines compositions, certains changements et certaines orientations tactiques ont alimenté les débats bien avant l’élimination. Le doute s’est installé et n’a jamais vraiment quitté les Lions. Mais le plus inquiétant n’était peut-être pas le football. C’était l’impression que le groupe avait perdu cette force collective qui faisait sa marque de fabrique. Pendant des années, cette équipe s’est distinguée par son unité, sa solidarité et sa capacité à souffrir ensemble. Cette fois, quelque chose semblait s’être fissuré. Les déclarations de Pape Guèye, annonçant qu’il ne reviendrait pas en sélection tant que le staff ne serait pas changé, ont renforcé ce sentiment. Qu’un international en arrive publiquement à une telle position révèle un malaise qui dépasse largement le cadre d’un simple résultat sportif. Si cette fracture est réelle, elle devra être traitée rapidement. Car une sélection nationale ne peut avancer durablement dans la division. Aujourd’hui, le peuple sénégalais ne réclame pas des têtes pour le simple plaisir de désigner des coupables. Il demande des explications. Il veut comprendre ce qui n’a pas fonctionné. Où les erreurs ont-elles été commises ? Qui les assume ? Et surtout, quelles mesures seront prises pour qu’elles ne se reproduisent plus ? Le football sénégalais a suffisamment grandi pour sortir de la culture de l’autosatisfaction permanente. Les succès doivent être célébrés, mais les échecs doivent être analysés avec la même honnêteté. Une Coupe du monde ne se prépare pas quelques semaines avant le premier match. Elle se construit pendant des mois, voire des années, avec de la rigueur, de l’anticipation et une vision claire. Le temps n’est pourtant pas à la résignation. Dans un peu plus d’un an, la Can 2027 sera déjà là. Les échéances s’enchaînent vite …
Source: Le Soleil
